Les nids de poule, cette calamité qui nous accable

S’il est bien un sujet d’actualité qui nous accable depuis longtemps, ce sont ces nids de poule de plus en plus fréquents sur nos routes.

Nous n’allons pas revenir sur les compétences et obligations de la région et de la commune en matière d’entretien et de police de la voirie. Ce qui pose problème est la détérioration de la chaussée.

La cause première de la formation des nids de poule est la présence de fissures dans l’asphalte. Et ces fissures prennent leur origine, en autres, dans des réparations mal exécutées et de la fatigue de la couche de roulement.

L’eau s’infiltre dans les diverses couches formant la voirie et gèle en hiver. Le volume augmente et cause un gonflement de l’asphalte. Et quand survient le dégel, cela provoque des vides.

C’est alors que le véritable problème arrive. La chaussée devient moins résistante et avec le charroi de plus en plus lourd, il n’est pas difficile de comprendre que la couche fragilisée va se rompre et former ces fameux nids de poule avec parfois des conséquences désagréables sur nos véhicules

Et que fait-ton ? Une réparation de fortune en utilisant de l’asphalte à froid qui n’est qu’un cataplasme qui cèdera bien vite sous la sollicitation permanente de la circulation.

Les problèmes s’aggravent lors de périodes de gel et dégel successives et peu de temps après les réparations de fortune, la situation s’empire.

Maintenant, donner des conseils quand vous empruntez une voirie en mauvais état est une chose, cerner le problème et y remédier en est une autre.

Et que faire pour y remédier ?

Si on peut réparer une route trou par trou puis mettre des cataplasmes plus importants, le problème ressurgira, et force est de constater que c’est au moment de sa construction ou de sa reconstruction que l’on parviendra à minimiser un maximum ce phénomène.

Nos routes sont vieillissantes et le charroi qui les emprunte n’a plus rien à voir avec celui qui parcourait ces même routes il y a des décennies.

La première chose à faire est de construire ou reconstruire sur de bonnes bases pour que la route ait une durée de vie la plus longue possible, avant une détérioration qui se fera inéluctablement.

Il est d’une importance primordiale d’adapter les structures de la route à sa destination et à son contexte.

On peut balancer n’importe quel matériau, aussi valable soit-il pour la couche de roulement, si l’assiette de la route et les différentes couches intermédiaires sont nulles, la route sera nulle.

Ce sera un gaspillage d’argent. La qualité de la couche de roulement va se dégrader rapidement, il va falloir faire des réparations à la va-vite et retour aux nids de poule, retour à la case « emmerdes »

Ne vaut-il pas mieux invertir ou réinvestir dans la qualité plutôt que dans le bon marché qui, à force de travaux de remise en état, fera qu’une route reviendra, en finalité, beaucoup plus chère ?

Il est impératif d’évaluer un seuil minimal acceptable avant de s’élancer dans les travaux et ne pas se contenter de l’offre la plus avantageuse pour les exécuter.

Il s’agit donc de s’atteler à avoir la meilleure assise possible. Il y a une étude à faire en ce qui concerne la nature, la qualité, la composition et les caractéristiques des sols sur lesquels la route sera établie. Et la nature des sols varie fortement, même dans notre commune. Argile et limons d’un côté, sources et pierres de l’autre etc.

Nous n’allons pas renter dans les détails quant à la bonne réalisation des couches de base pour la réalisation d’une route. Il y a des spécialistes pour ce faire. L’important est qu’on tienne compte de tous ces paramètres avant de se lancer dans les travaux.

Et il est fort à parier que pour la RN 58, par exemple, l’on a fait fi de tous ces paramètres. Et il en va plus que probablement de même ailleurs.

Ajouter à cela, comme dit plus avant, l’évolution du charroi et personne ne sera plus étonné des dégradations de nos routes. Et dites-vous bien que problème est national.

Pour ce qui est du revêtement, là aussi, on peut débattre.

Béton ou asphalte ?

NOUS DISONS BETON. Pourquoi ?

L’un des avantages prépondérants de la route en béton est bien sa longue durée de vie et son entretien extrêmement réduit, lorsqu’elle est bien conçue et correctement mise en œuvre. En particulier, le revêtement en béton résiste aux effets dus au gel/dégel.

De plus, le béton est économique car ce n’est pas tout de compter l’investissement de départ, il faut entretenir une route durant toute une vie et là, avantage au béton et de loin.

Des études démontrent que sur une période de 50 ans, l’énergie primaire intrinsèque pour construire, entretenir et réhabiliter une chaussée en béton typique représente 1/3 de l’énergie nécessaire pour les chaussées en asphalte.

De plus on observe une réduction jusqu’à 7% de la consommation de carburant pour tous les véhicules. Donc, gain d’argent et plus respectueux de l’environnement car moins d’émissions néfastes. Et le béton peut être recyclé comme granulat.

Au niveau de l’adhérence, il n’y a pas photo non plus, le béton l’emporte. Même s’il existe des niveaux de qualités différentes, regardez la partie de la RN 58 non refaite. 10 fois plus adhérente que l’énorme cataplasme en asphalte qui le précède.

La conception du revêtement conditionne la longévité d’une chaussée. Et il est possible d’opter pour le béton tant pour une nouvelle construction que pour construction existante.

Alors, pourquoi s’engluer dans le bitume ?

Ceci dit, il est très important de ne pas se limiter à la surface de roulement mais également de gérer convenablement les bandes de sécurité, les fossés, les accotements et les talus.

Tout d’abord pour assurer la sécurité des usagers, mais aussi pour permettre un bon écoulement des eaux. De plus, on oublie trop souvent que les talus et les fossés ont un intérêt écologique indéniable. Et tant qu’à faire, il faudrait éviter de planter des essences d’arbres du genre de ceux longeant la RN58, pour ne citer que ceux-là. Tout le monde a vu ce qu’il advient sur cette route.

Quant aux fossés, s’ils récoltent les ruissèlements des eaux pluviales ils ont aussi une fonction d’épuration. D’où l’importance d’une bonne conception et d’un bon entretien, non seulement de la route proprement dite mais de l’ensemble de l’ouvrage.

La RN58 est LE modèle à ne pas reproduire !!

Bien évidemment, il ne s’agit nullement d’utiliser le béton à tout-va. Une solution à moindre coût, avec un bon rapport qualité/prix est suffisante pour des voiries moins sollicitées par les véhicules lourds, et où la circulation est moins dense. Mais là encore une approche quant aux critères d’une bonne assiette de la voirie est nécessaire. Il y aurait moins de dégradations en pagaille sur le réseau secondaire qui est tout aussi important que les grands axes pour tous des citoyens

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